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Objet : projet de traitement des eaux usées du village de Frelighsburg
Compte tenu de ce
qui précède, je suis forcé de conclure que le site
retenu est inacceptable et qu’il y a lieu d’explorer d’autres
alternatives
PIERRE TEASDALE, ARCHITECTE, FRELIGHSBURG, 2009/08/08.
Objet : projet de traitement des eaux usées du village de Frelighsburg
Madame Lucie Trudel
Frelighsburg (Qc) J0J 1C0
Chère Madame Trudel
J’habite au
34 chemin Dunham et je vous écris suite à la réunion du
conseil du 3 août dernier à laquelle j’ai assisté. Au
cours de cette réunion, vous avez proposé que les projets de
traitement des eaux potables et des eaux usées soient scindés,
que l’on donne préséance au premier et que l’on
réfléchisse d’avantage sur le mode de réalisation du
second. Je tiens à vous féliciter et à vous remercier pour
cette intervention.
En effet, depuis
quelques semaines, j’ai eu plusieurs conversations avec des citoyens de
Frelighsburg ainsi qu’avec des professionnels de
l’aménagement; j’ai également pris connaissance de
divers articles parus dans Forum à propos du projet de traitement des
eaux usées et cette question me préoccupe
énormément.
D’une
façon plus particulière, je me pose les questions suivantes :
1. Pourquoi avoir choisi un site en amont
plutôt qu’en aval du village compte tenu du fait que cela implique
une dépendance envers des systèmes électriques et
mécaniques?
2. Pourquoi avoir choisi un site en amont
d’une zone inondable où se trouveront les approvisionnements
d’eau potable compte tenu des risques de déversement dans
l’éventualité d’un bris du système?
3. Comment expliquer que le projet
prévu desservira un site industriel situé en aval à
environ 1km du site prévu pour traiter les eaux usées alors que
certaines résidences du village situées en amont à
quelques centaines de pieds du même site ne le seront pas? N’y
a-t-il pas quelque chose de bizarre là dedans?
4 . Puisqu’il est prévu de
desservir cette industrie et d’aménager les conduits sur une telle
distance, n’aurait-il pas été plus logique de diriger les
eaux usées en direction de cette industrie et d’aménager un
champ d’épuration en aval de celle-ci?
5. Pourquoi avoir choisi un site près
de l’école et du cœur du village? Ne devrait-on pas
logiquement réserver de tels sites à la construction de
résidences? Autrement, on forcera éventuellement de nouveaux
ménages à s’installer loin du village et de ses services.
6. Pourquoi avoir choisi le système roseau
alors qu’il semblerait que l’utilisation
de ce végétal soit remis en question par le Ministère du
développement durable, de l’environnement et des parcs?
7. À-t-on songé au bruit que
pourrait générer la station de pompage prévue si celle-ci
doit être localisée à proximité du village et des
résidences?
8. Peut-on fournir des garanties que les
résidents habitant à proximité du champ
d’épuration ne seront pas incommodés par les odeurs?
Pendant la
période de question de la réunion du conseil, j’ai
demandé si on avait étudié la possibilité
d’aménager le champ d’épuration sur d’autres
sites. On m’a effectivement répondu que oui mais que le site
retenu était le seul qui se qualifiait. La réponse à une
deuxième question m’a cependant révélé que
seuls des sites se trouvant en zone blanche avaient été
considérés!!! Cette réponse m’a estomaqué.
Une solution qui consiste à pomper des eaux usées à 75
pieds de hauteur ne devrait être adoptée qu’en tout
dernier recours.
On devrait donc tout d’abord s’efforcer de trouver un site
permettant l’écoulement des égouts par gravité
à l’extérieur du village. Cette solution, comme
l’écrivait avec justesse monsieur Louis Roy réduira les
coûts d’infrastructure, les frais d’entretien et
d’opération ainsi que les risques de refoulement .
Bien entendu,
l’aménagement d’un champ d`épuration en zone verte
impliquera une demande de dérogation. Je vous avoue toutefois que
j’ai beaucoup de difficulté à m’imaginer qu’une
telle demande pourrait être refusée compte tenu des circonstances.
En tant que
résident également de Montréal, ces questions m’ont
ironiquement emmené à me demander comment réagiraient les
résidents de Montréal si cette dernière proposait
d’aménager un centre de traitements des eaux usées sur le
flanc du Mont-Royal. Poser cette question c’est y répondre.
Compte tenu de ce
qui précède, je suis forcé de conclure que le site
retenu est inacceptable et qu’il y a lieu d’explorer d’autres
alternatives.
Je vous prie
d’accepter, Chère Madame Trudel, mes salutations
distinguées et je vous remercie pour votre travail.
Pierre
Teasdale, architecte
Professeur
honoraire, Faculté de l’aménagement, Université de
Montréal
c.c. Forum
Frelighsburg et autres membres du Conseil du village de Frelighsburg.
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