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Une « Tempête Éolienne » se brasse dans la région de Bedford

EDEN MUIR, FRELIGHSBURG, 2009/12/26. Dans les deux dernières années, une ferme éolienne industrielle géante a été construite dans le nord de l’État de New-York, juste au sud-ouest d’Hemmingford, Québec. Les résidents des Cantons de l’Est peuvent maintenant visiter facilement le projet tentaculaire Américain et se constituer leur propre opinion sur la sagesse d’installer ces gigantesques machines dans cette région du sud du Québec.

Les projets de ferme éolienne sont souvent présentés comme un projet localisé, n’affectant que la campagne et les villes avoisinantes. De fait, par une journée claire, les turbines d’Ellenburg sont visibles depuis Frelighsburg, à 100 km (60 miles) de là. Si des tours de 400 pieds de hauteur étaient érigées dans la région de Bedford, on pourrait les voir de toute la région de brome-Missisquoi, depuis Dunham, Saint-Armand, St-Jean et même Montréal.

Récemment, en conduisant aux environs de Ellenburg, NY, la vaste ferme éolienne semblait achevée et totalement fonctionnelle. Toutes les cicatrices dues à l’excavation, à l’abattage des arbres, à la création de pistes d’accès au chantier, avaient été grandement nettoyées. Ce jour là, toutes les turbines avaient tourné pour faire face à un vent puissant d’ouest. Leurs rotors géants tournaient à une vitesse impressionnante, atteignant, pourrait-on croire, à peu près leur vitesse de production maximale. Vers fin 2009, le projet éolien d’Ellenburg est une nouvelle réalisation en ordre, mécaniquement parfaite comme toute ferme éolienne que vous pourriez probablement voir.

L’un des aspects visuels déconcertants des fermes éoliennes modernes est la façon dont elles sont peintes d’une couleur mastic neutre pour dissimuler leur vraie taille. Il n’y a absolument aucune marque, étiquette, ou quelconque indication relative à la taille. Vous pouvez braquer votre regard sur l’une de ces tours à vent pour dix minutes et n’être toujours pas sur si elles font 250, 350, ou 450 pieds de haut, tant qu’un véhicule ou une personne n’apparait à côté. En fait, ces tours sont plus grandes que la statue de la Liberté.

Un tour de la région d’Ellenburg en voiture montre occasionnellement des tours proches des maisons et des fermes et vous saisissez alors l’immensité de leur taille.

Nous nous sommes arrêtés près d’une maison pour parler au propriétaire qui travaillait dans son jardin de devant. À quelques centaines de pieds derrière leur maison il y avait une tour, dont la rotation du rotor créait un bruit de souffle à chaque fois que la pale passait devant le pied de la tour, en compressant l’air entre les deux. Le propriétaire clamait joyeusement qu’elle n’était pas du tout dérangée par la turbine, et qu’elle ne l’entendait pas vraiment. Elle mentionna que le développeur du projet d’éoliennes avait effectué des dons aux instances municipales pour des projets communautaires.

Évidemment, les réactions des gens face aux fermes éoliennes sont  subjectives et variées. Certains voient les tours comme des signes avant-coureurs et élégants d’une ère verte à venir. D’autres croient que ces méga-tours industrielles ne devraient jamais se situer dans les régions d’habitat humain.

Une ferme éolienne moderne doit être visitée pour la comprendre. Juste par votre présence sur place vous pouvez apprécier la taille énorme du projet, et vous rendre compte du bruit des lames, répétitif et donnant le frisson. Certains prétendent que le niveau de décibels est insignifiant et plus bas que dans une bibliothèque ; d’autres trouvent le bruit artificiel et intolérable.

Ce que nous avons trouvé de plus dérangeant a été l’étendue de la transformation d’un paysage rural plaisant en zone industrielle. Le calme et l’équilibre du paysage verdoyant a été remplacé par une agitation mécanique discordante, avec ces ensembles géants à trois lames, de la taille d’un gros porteur (jumbo jet), tournant dans le ciel tout autour de nous. Partout où vous regardiez, il y avait cette combinaison bizarre de bruit et de mouvement artificiels. Pas d’échappatoire tant que nous n’avions pas décidé de partir, tourner de bord avec la voiture et atteindre le Québec en passant la frontière.

Un voyage à Ellenburg, NY est une expérience indispensable pour tout résident du sud du Québec qui désire se faire une opinion documentée sur le dossier des fermes éoliennes industrielles. Il ya des similarités géographiques et de terrain entre le projet du nord de l’état de New-York et celui de la région Bedford/Stanbridge Station/Rivière aux brochets.

Il y a aussi d’importantes différences : notre économie est plus forte, notre terre agricole est plus riche, notre système d’approvisionnement en électricité est plus économique et plus propre ; en fait, il ya une telle abondance d’énergie que nous l’exportons. Le plus important : nous ne disposons pas des vents d’une force telle qu’elle justifie le projet Ellenburg. Alors, avant de se précipiter à signer pour un méga projet ‘’vert’’, nous devrions tous prendre le temps de visiter et d’étudier Ellenburg de façon à comprendre parfaitement les conséquences pour notre paysage, notre culture locale et la qualité de notre vie.



Lectures recommandées sur le projet d’éoliennes Ellenburg/Altona : http://www.wind-watch.org/news/2007/11/05/winds-of-change-turbine-farms-sprout-right-across-the-lake/